mercredi 9 mai 2012

La vertu fantômatique





On parle souvent de "Vérité" comme si c'était quelque chose de tangible qui existe depuis la nuit des temps et qui reste accessible par une simple reconnaissance des faits ou par l'Adhérence a un héritage culturel, scientifique ou même religieux. Chacun construit sa propre réalité, sa propre formule de bonheur et y croit profondément au point de l'élever au niveau des convictions finis. Mais avant tout , que la vérité existe ou pas , d'où vient cette soif de désir de savoir absolu? Est-ce un instinct ? Pourquoi préfère-on la vérité à l’erreur, la réalité a l’illusion, la simple apparence a la complexité intérieure ?

Pour Nietzsche, une telle volonté de vérité ne vient pas d’autre chose que d’un désir de sécurité, de la crainte provoquée par l’incertitude et l'infini ambiguïté qui régit notre monde. Elle n’est donc jamais que le symptôme, le déguisement subtil d’un instinct de faiblesse. Telle est l’idée provocante et redoutable que Nietzsche nous oblige à regarder en face. «Ne serait-ce pas l’instinct de la peur qui nous commanderait de connaître? Le ravissement qui accompagne l’acquisition de la connaissance ne serait-il pas la volupté de la sécurité retrouvée?» ( Gai savoir paragraphe 355) ".

Donc, selon Nietzsche le désir de sécurité prime sur la volonté d’accéder a une connaissance lucide, on cherche éperdument a échapper aux absurdités et de retrouver une existence rassurante et harmonieuse. l'Homme au fin fond de lui même aspire a un sentiment de sûreté qui va de soi avec sa prétention la plus démesuré, celle d'attribuer a ce monde un sens élévatoire bénissant notre condition Humaine. Au coins les plus reculés de son âme, l'Homme garde en lui l'essence du premier primate que la terre a connu .
Admettant que Nietzsche avait raison et que la quête de la vérité n'est qu'une ruse que notre conscience collective a inventé pour balayer l’étrangeté de ce monde et son caractère éphémère. Quel avenir reste-il a un Homme convaincu de l'absence des repères communes ? Faut-il adhérer quand même a une série de convictions reconnus par notre société ou le mieux serait de vivre une errance infinie ou l'on s'abandonne à son ignorance et aux lois imprévisibles qui définissent notre quotidien et mode opératoire ?

Les plus endoctrinés croient la détenir et refusent catégoriquement l’existence d'une autre vérité qui fragilise la tour protectrice qu'ils ont bâtit autour de leurs certitudes . Les pragmatiques, s’accordent le bénéfice du doute et peuvent aller même jusqu’à nier son existence .
Faut-il jouer le jeux ?
Personnellement, j’adhère à l'approche soufi qui identifie dans ce monde deux sortes de chercheurs de vérité , ceux qui préfèrent pêcher dans les rivières ou ruisselle l'eau douce et coule entre deux bornes , ceux là, ce sont les hommes de tradition, des hommes de loi qui préfèrent toucher à la vie dans un milieu sûr et connue , de l'autre cote y'a les plongeurs qui ont du goût pour le danger et les océans. Ils descendent dans les fonds sous-marins pour pêcher des perles , ceux là, sont les philosophes .

Pêcheurs ou Plongeurs, peu importe , les deux baignent dans l'eau...

jeudi 3 mai 2012

L'ami qui s'enfuit




Aujourd'hui, il me fut démontré encore une fois, que l’amitié entre homme et femme n'est qu'un mythe .
Voila quelque mois que j'ai fait la connaissance d'un garçon fort sympathique , on s'est rencontré pas mal de fois et j'ai senti qu'il peut y avoir un bon terrain d’amitié entre nous . Il parait que je me suis trompée de calcul , il vient de m'appeler pour me dire que ça ne peut plus continuer comme ça , qu'il a joué un rôle qu`il voulait pas et qu'il est arrivé au point ou il ne pourra plus gérer ses émotions à ma présence .

Ça m'a laissé perplexe , d'une part j'ai beaucoup admiré son courage et sa franchise, et d`autre part j'ai senti que je viens de perdre un cher ami, un confident et une agréable compagnie. Ensemble , on s'amusait et rigolait comme deux ados attardées . J'avais l'impression de retrouver un peu l'innocence que notre vie d'adulte a dissipé. Toutefois je ne sais bien maintenant que ça ne peut pas être autrement. J’étais un peu confuse car c'est pas la première fois que ça se termine ainsi .

Peut être qu'à mon insu j'ai un peu joué la provocatrice et la complicité qu'on a eu , n'a rien a voir avec l’amitié . Peut être aussi que j'ai toujours eu de la difficulté a deviner les limites de la frontière au-delà de laquelle l’amitié se transforme en amour. Pour moi , être avec un ami - un ami intime - c'est pouvoir tout dire, dire quelque chose et en rire. On peut se bagarrer , se disputer ou argumenter et demain c’est fini on passe à autre chose. Pas de rancune, pas de règlement de compte , pas de tension . Juste l’abondance , l'insouciance et la béatitude d’être ensemble.


Sans vraiment comprendre pourquoi j’ai toujours eu plus de facilité de bien m’entendre avec la gente masculine . Les hommes sont moins susceptibles, moins calculateur et plus joyeux que les femmes. Ils ont tendance a pouvoir faire le gamin et a retrouver un air de spontanéité infantile. Avec eux je ne mets pas de gant blanc, je ne mâche pas mes mots, je n’ai pas peur de toucher trop fort une corde sensible. Et lorsqu'il s'agit de conseils , je sais bien que je fais face a un ami qui se détache de toute rivalité et de comparaison .

Mais il me semble que cette complicité est fort trompeuse. Dans mon cas j’étais capable de développer une dimension amicale qu'avec un seul petit ami . La seule différence avec l’amitié c'est que cette osmose était accompagné de désir charnel et des projets de futurs qui nous concernaient . A part cette exception toutes mes amourettes étaient accompagnées de frustration sexuelle , de tension séductrice ou d’hostilité dont j'ignorai la cause . Je sais a quel point c'est difficile de retrouver le bien être qu'on ressens a cote d'un ami, Peu être c'est la raison pour-laquelle j'ai toujours tendance a préférer l’amitié à la complication des relations amoureuses.

Il me semble aussi que y a  des fois on se protège , qu'on reste planté la ou on est et on refuse d'aller plus loin par la crainte de retrouver les démons du passé ... qu'on se prive de belles choses et qu'on ne réponds mal a l'appel de la vie. Mais aussi , l’expérience m'a démontré que la raison est là pour nous éclairer et nous mettre sur le droit chemin .

Certes que le cœur a ses raisons que la raison ignore.Je ne sais pas trop quoi penser , une chose est sure , l’amitié c'est beau , l'amour aussi,  tant que les deux sont consentant sur le type de la relation qui les unit , il faut bien profiter de cette belle opportunité de vivre à l'excellence ce qui s'offre a nous. 

lundi 23 avril 2012

Une réflexion individualiste




  "Le plaisir du troupeau est plus ancien que le plaisir de l’individu. Et tant que la bonne conscience s’appelle troupeau, la mauvaise conscience seule dit : Moi" Nietzsche


Je devrais s'interroger plus sur des sujets qui concerne l’actualite ou qui rendent hommage aux simples plaisirs de la vie mais en cette heureuse période de l’année, je sens que je me retourne encore une fois vers moi même .

Après quelques discussions fort intéressantes attrapées au coin d'un forum virtuel, après quelques lectures et après quelques rencontres marquantes , j'ai l'impression que c'est ce que je dois faire. Je n'ai que récemment été si intéressée par l'individualisme et j'ai encore beaucoup de réserve, mais plus je vieillis, plus le temps passe, plus je sens que c'est ainsi que le monde fonctionne .

J'étais jadis une femme louant la communauté et mon idéal toujours existant était d'élever l'esprit du monde par l'art , la science et  la philosophie . Mais lentement, cet idéal, ce but se transforme au même rythme que moi. Je veux toujours voir le monde danser sur la même mélodie vibrante que me chantait ma tendre jeunesse, mais maintenant je réalise que vouloir retranscrire ce rêve n’est que le fruit d’une simple vision personnelle et je dois en vouloir a personne si l’on partage pas mon désir d’étendre ma vision utopique. Cette harmonie que mon esprit voulait voir envelopper tous les aspects de la communauté, se veut maintenant  toucher un individu. Je me désintéresse de plus en plus de la foule et du destin du pays pour chercher les grandes âmes et des individus dans leur simplicité de tous les jours .

Ce sont peut-être mes expériences qui me transforment ainsi. Il arrive qu’on se trouve face à un mode de vie, de gestion de la sociabilité, qui m'intrigue. Vivre comme si nous étions le centre de notre monde et organiser les choses en conséquence, c’est loin d’etre l’essence de ce que je suis et pourtant le monde nous oblige a fonctionner ainsi . J'étais peut-être trop tournée vers les autres, trop altruiste, trop oublieuse de moi-même. Pour je ne sais quelle raison, la vie m’a remis sur un chemin que j'avais quitté sans le savoir.

D'un coup, l'individualisme me paraissait indépassable. Il me paraissait être le fruit de la sagesse commune. Parfois je pense même que c'est la finalité suprême de l’évolution de la conscience humaine .

À y réfléchir, je remarque la présence de cet individualisme dans mes écrits. Il semble d'une certaine manière la base et le fondement de plusieurs de mes concepts ou de la lignée de ma conduite. Je m’intéresse fortement a la tourmente des âmes, ça m'arrive de s’intéresser au sort  d'une personne perdue dans un monde incompréhensible. Mais tous çà c'est surfait en apparence , c'est pas la douleur ou la beauté de la situation qui m'attire, c'est plutôt, l’aspect pur de l'humain qui s'agite dans son environnement, c'est la lutte quotidienne de l'individu contre des emprises qui lui sont imposé  par le conflit entre son monde intérieur et son monde extérieur.
J'ai l'impression que les grandes oeuvres de la littérature ont été individualistes sans traiter simplement de la douleur d'une âme. Je pense ici aux "Carnets du sous-sol " de Dostoïevski qui dresse le portrait d'un homme seul qui souffre dans sa conscience. Au premier niveau, c'est un homme seul tourmenté, mais il y a un autre sens, il y a une force au-delà de cette individualité . Une sorte de lucidité ou le héros se définit comme le témoins et le fruit des maux du siècle. Je ne saurais pas vraiment pointer ce qui fait passer l'individualisme à un autre niveau. Peut-être est-ce le passage entre un individualisme nombriliste et un individualiste cosmique, stellaire qui accepte que la force du monde vienne de la gravité. Qu'il est donc nécessaire pour vivre une individualité solaire d'avoir son système de relation, de satellite plus ou moins loin. Une sorte d'individualisme qui se lie intimement a la cause humaines et qui lui reste fortement attachée, sans se fondre dans le moule du conformisme que nous impose la communauté. 

Je ne sais maintenant ce qui est vrai, ce qui ne l'est pas. Ce que j'écris n'est qu'une réflexion fugitive. La journée se termine sur la même confusion que j’avais au début , mais je vais prendre, entre autres, disons pour l’instant, l'individualisme vaut mieux qu’il soit comme armure, comme je prends mes sentiments comme guide et la raison comme lumière . 

Le monologue des fous




"Tant que les gens sont encore plus au moins jeunes et que la partition musicale de leur vie n'en est qu'à ses premières mesures, ils peuvent la composer ensemble et échanger des motifs mais, quand ils se rencontrent à un âge mûr, leur partition musicale est plus au moins achevée, et chaque mot, chaque objet signifie quelque chose d'autre dans la partition de chacun. " M.Kundera



Lui : Muse, je suis le témoin discret d'une nuit qui m'a indiqué ton chemin ...   

Elle : N’écoutes plus ce que te raconte la lune, comment peux tu croire un être qui dévoile son ombre plus souvent que sa face ...

 Lui : Muse, je suis l'enfant des ténèbres,  parle moi de cette nuit sans lendemain...


Elle : Certaines nuits ne peuvent plus voir le jour ... mais le le soleil est le grand saboteur des nuits d'ivresse.. ce grand vicieux.. il nous force à ouvrir les yeux.. nous force à voir le vide...

Lui : Muse , je suis toujours emprisonné  dans le silence de cette nuit ... ô toi qui hypnotise mes paupières et qui fige mes douleurs ...

Elle : Même dans ta folie t'es poète... toi qui salive mon âme et vide mes entrailles..

Lui :  C'est toi qui me donne mes airs de folie.. et fou comme je le suis...comme la peste je te fuis..

Elle : Arrêtes , je t'en supplie je t'en conjure.. tes mots sont aussi tricheurs que tes masques .... Tu t'es jamais déshabillé devant moi ...C'est beau un homme qui se débarrasse de ses accessoires ... Je n'arrive plus a me rappeler des traits de ton visage ...


Lui :  Muse, ferme les yeux et suis moi , je vais t'emporter loin, on ira au quatre coins de la planète , je vais te faire des dessins et te composer des mélodies, je serais le prince de tes murailles ....

Elle :  Je te demande rien de  tout ça , juste un moment , le temps de m`enivrer, le temps de  sentir ma peau brûler , le temps de contempler la splendeur de ta nudité ...le temps de m'abandonner et de m'oublier au point de disparaître et renaître au recoins de tes rêves...

Lui : Muse , les rêves se dissipent il reste que les souvenirs virulents.

Elle : Pourquoi cette cruauté..des le début , tu étais déterminé a m’assassiner ....

     
Lui :  Qu'attends tu d'un fou à lier.. que de te conduire à la guillotine.. nue, brisée, enchaînée du coup et des pieds..vas t'en.. sauves toi..oublies moi..la nuit obscure de mes froides fissures te perdra..

Elle : Dois je me sauver ou dois je te faire entendre les cris de mes supplices...

Lui :  Muse, nous n'avons pas un avenir nous avons juste un destin...

vendredi 30 mars 2012

Au creux d'un lit




Le lit n'est pas un endroit sûr pour les femmes cherchant un zeste de sécurité et un brin d’oubli . Il ne faut jamais demander un asile affectif au creux d’un ravin.

Il nous livre à l’ennemi comme on livre un rescapé de guerre croyant trouver refuge chez la demeure d’un paysan lui promettant hospitalité et bienveillance. Il trahit notre soif de paix pour nous livrer aux mains du bourreau comme on remet un évadé condamné aux pires des turpitudes .

Le lit est l’embuscade dans laquelle se piège un cœur saignant de nostalgie. Il est l’illusion qui nous laisse croire qu’on est en train de franchir les limites de l’horizon alors qu'il ne fait que nous enfermer davantage derrière les barreaux d’une amère-solitude .


Au lit on devient la proie des angoisses et des incertitudes qui nous sont étrangeres. Les bras qu’on se croyait apporter remede a nos plaies , en profitent pour nous meurtrir .

jeudi 8 décembre 2011

Éloge de la connerie


J'ai un sentiment étrange, je fais de moins en moins de bêtises. Je suis moins conne .

Je ne prends plus de décisions hâtives. Je connais mes limites et je suis de moins en moins prétentieuse, juste le nécessaire pour maintenir mon ego à sa place . Je suis de plus en plus réfléchie et les gens m'apprécient . Et puis de mon cote , comme le disais Grouchou Marxs : Je voudrais pas appartenir à un club qui m'accepte comme membre. Je finis toujours par me délaisser de tout ce dont ils viennent de féliciter.

Je suis cohérente dans mes idées , modérées dans mes plaisirs , sélectives dans mon cercle d'amis ce qui tend à prouver que mon niveau de connerie a nettement diminué .

Je suis plus tolérante, plus aimable, compréhensive, moins émotive, et mon coté farouche s'est évaporé pour faire paraître une douce féline qui ne fait de mal a personne .

J'accepte les déboires de la vie sans drame , j'ai le regard apaisé et mes colères sont rares et de très courtes durées .

De plus, je commence a rire de mes anciennes expériences amoureuses et a éprouver de la sympathie a des connaissances que j'estimais futiles .

Mon attitude a changé a l’égard d'une tranche d'age que j'ai évité dans le passé et mon comportement est de plus en plus en adéquation avec la routine de tous les jours. Pourtant je me sens de mieux en mieux à ma place. Bien plantée la ou je suis.

Je valorise le chemin qui m'a mené a ma situation actuelle et je dis, même si je n’étais pas celle qui a pris tous les choix décisifs dans ma vie , ce fut ce qui peut m'arriver de mieux.

Mon gout pour le risque s'est estompé pour être vite remplacé par un penchant pour le confort et le luxe.

Celle qui croyais a un mythe Sisyphien qui dépeint notre condition humaine a laissé sa place a un Candide condamné a répéter pour toute l’éternité que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles .

J'ai connu des périodes d'ouverture vers les autres et j'ai connu aussi de longs épisodes de solitudes fuyant le contact et toute la gente humaine . Maintenant je me suis résignée à l'amour de mon proche. J'aime les gens, je sais qu'ils m'aiment pas et je comprends leur indifférence, je ne suis pas le genre de personne qui réclame la reconnaissance pour une générosité naturelle de sa part.

Et pourtant, je suis convaincue que cet état ne sera que le témoins d'une transition provisoire . Immanquablement, je vais retrouver de nouveau ma connerie, attestant le proverbe qui dit que "quand on nait con, on est con".

Un train de vie paisible va remplacer une jeunesse tumultueuse .

On me pardonnera mes fautes de jeunesse et on se souviendra avec beaucoup de nostalgie de la jeune rebelle que j’étais.

La fougue de la jeunesse sera remplacé par le fil conducteur entre la vingtaine et la quarantaine , il me sera une fois de plus démontré "que les autres sont mes amis, si seulement je le veux".

Mais comme avant je ne le voyais pas, là je ne le verrai pas encore. Je continuerai a être aveugle et croire qu'ils mériteront de rester mes amis si seulement il seront ce que je veux qu'il soit .

Je commence à éprouver de la peine pour la conne que je vais devenir, à peine consolée de celle que je fus.


vendredi 18 novembre 2011

...




Je suis de retour ...
Il y avait rien là-haut ...

J'ai erré durant des saisons sans soleil et sans lune , j'ai cogné à des portes doublement fermées et j'ai mendié au chevet de passants sourds ..
J'ai avalé le miel en gorgées amères et j'ai entendu le soupir d'un nouveau né ...
Le chaos n'est qu'un oasis ensoleillé devant le désert que j'ai connu ...
Le sable brûlant que je croyais purificateur m'a rendu les pieds insensibles à la danse...
Le vent emporte avec lui les feuilles auxquels ont fait jamais attention, ainsi mes mots se sont envolés avec la brise du printemps ...
Par des moments il me semble que seul le silence pourrait dévorer la bête qui me tient en otage ...
Elle me torture, m'agriffe, me presse , m’enlace et me jette aux coins les plus sombre de sa demeure ...
Me traine et me lâche puis reviens me surprendre aux brefs instants de mon répit et me laisse avec des morsures virulentes ...

Le temps est un grand saboteur, il nous laisse point la chance pour une accoutumance, une habitude ou même une ivresse fugitive...
Il coule et fait couler avec lui les rêves les plus insignifiants...Il balaie les promesses et comme un ruisseau il laisse des rides sur les collines de nos espoirs ....
Le passé est teinté de brume , le futur est coloré de noir et le présent ...le présent est absent .

Les mots me trahissent , et tes yeux m'aspirent vers un monde inconnu
Emporte moi petit oiseau ..Pour quelques instants
Je ne prétends jamais te réclamer une éternité ...
Accompagne moi le temps d'un voyage...
Aide moi à franchir le seuil de ton royaume ...
La marche me fatigue, apprend moi a voler et a survoler ton corps , ton âme et les secrets de ton être ...

Je suis de retour ... ne dis rien s'il te plait ...

Laisse moi te conter mes songes ...
Je suis revenue me baigner dans tes eaux ...
Enveloppe moi par ta profondeur et caresse moi les paupières
Dessine moi des formes et laisse moi deviner tes horizons
J'entends plus la musique, baisse les rideaux et emporte moi dans une nuit sans fin ...

mercredi 16 novembre 2011

A la mémoire d'un terroriste





Aujourd'hui le 16 Novembre 2011 Yossri Triki a été exécuté . Je rappelle le cas de ce jeune homme : Il est détenu depuis 2006 en Irak , selon les informations, les forces irakiennes l'avaient arrêté alors que ce dernier tentait avec quinze autres personnes armées de pénétrer par le check point de Dhoulouiyya situé à trente kilomètres au nord de Bagdad. Il’est arrivé en Irak en novembre 2003, lui ainsi que deux Irakiens et deux Saoudiens étaient ceux qui avaient perpétré l’attentat contre le mausolée de Samara et avaient assassiné Atwar Bahjat, une journaliste à la chaîne satellitaire Al Arabia.
Malgré l’intervention de plusieurs acteurs politiques, dont Rached Ghannoushi le président du Mouvement Islamiste Ennahdha , les autorités Irakiennes ont procédé a son exécution.

Maintenant que ce jeune Tunisien a perdu la vie , faut-il s’arrêter sur des sujets remettants en cause la peine de mort, faut-il blâmer les autorités Irakiennes qui n'ont eu aucune considération pour les échanges diplomatiques avec la Tunisie? Ou encore faut-il rester les bras croisés et dire qu'il mérite ce qu'il a eu ?

Je préfère aborder le sujet d'un autre angle: l'affaire est clos , celle de Yossri, mais l'avenir de centaines de Yossri reste toujours en danger .

Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce jeune et plus particulièrement aux circonstances qui ont fait que sa vie s'est terminé ainsi. Je le connais pas en personne mais bizarrement il me rappelle quelqu'un. Je vois en lui mon petit frère, un jeune adolescent débordant d'espoir, de joie et d'intelligence. Il a eu certainement une scolarisation comme tout autre enfant Tunisien , il a du faire ses devoirs, appris à écrire, dessiné des scènes de son quotidien, récité des poèmes, chanté l'hymne nationale et ne serait-ce que pour quelques années il aurait dit à sa famille et ses proches que dans le futur il sera un médecin , avocat ou n'importe quel autre métier qui fait rêver les petits ambitieux .

Il me rappelle vaguement le souvenir d'un gamin turbulent qui sautille dans les rues authentiques de Bizerte profitant de ses plages l’été et de ses collines au printemps. Un garçon ouvert à la vie, aux jeux et à la découverte. Je vois en lui un petit homme curieux qui porte en lui un élan incomparable pour l'aventure, il est clair que les cieux de la Tunisie n’était pas suffisants pour lui.
A quel moment sa mort a commencée ? Qui a provoqué ce malheur dans la vie d'un jeune innocent ? Qui a détourné son regard de la vie et lui a présenté la mort déguisé en promesses d’éternel paradis de parasse et de luxure ?

Un autre flot de questions foisonne dans ma tête :
Qu'est il arrivé à ce jeune homme pour qu'il quitte son pays à la recherche des aventures Djihadiste teintée de sang et de sauvagerie ? Qui jette ces jeunes dans la gueule du loup ? A qui doit-on cette manipulation massive de la jeunesse Tunisienne ? Qui sont les responsables de ce misérable destin ? Celui qui s'est présenté comme sauveur et voulait intervenir pour arrêter son exécution , n'est il pas aussi coupable que Yossri ?

Je vais m’arrêter de m'emporter car si je vais continuer à faire mon procès j'irai même à affirmer que Yossri était condamné à mort depuis sa naissance puisqu'il a été destiné à naitre dans une famille qui lui apprendra que la vie n'est qu'un simple passage dérisoire qui va déterminer soit son salut éternel soit la malédiction de son âme.

J'essaye de retracer le parcours de son déclin et j'arrive à la conclusion suivante : La religion à semé les germes de sa dérision , la société l'a bien nourri , les médias de propagandes islamistes l'ont bien endoctriné et le réseau de salafistes a fait de lui une machine de tuerie .



C'est sur ce dernier point que j'aimerai qu'on s’intéresse le plus, car les salafistes wahhabites étaient là pour concrétiser la tragédie de Yossri , Ils ciblent les jeunes cherchant d'accomplir un destin héroïque et en font des soldats d'Allah . C’étaient eux qui ont finalisé son lavage cerveau, c’étaient eux qui lui ont donné un billet pour l'enfer, et c’étaient encore eux qui lui ont offert les moyens de quitter le pays!
Ils ont longuement orchestré pour capturer des jeunes comme lui et ils continuent encore à polariser les esprits juvéniles et au nom de la liberté qu'ils ont retrouve récemment ils sont de plus en plus sûre de leurs démarche et leurs objectifs sont de plus en plus proche a réaliser .

Je rappelle aussi, que Yossri est le fruit de la labeur des salafistes opérant sous le régime de Ben Ali, malgré qu'il a su les détraquer, ils ont réussi quand même à fabriquer une petite base de Djihadistes capables de risquer sa vie et d’exécuter aveuglement les ordres des vautours qui les manipulent. Qu'est ce q'ils sont devenu ces salafistes Tunisiens après la révolution, est-ce que c'est a eux qu'on doit le réseau Djihadiste ? on sait tous maintenant qu'ils sont mieux structurés , il y a même des prisonniers de l'affaire Sliman qui ont été libérés et que personne n'ose s'attaquer à leurs activités . Ils sont de plus en plus déterminé a aller en avant avec leur approche obscurantiste.

La Cloche a sonné, seuls les naïfs sont capables de croire que Yossri est le dernier concerné. Si l'ont veut éviter de voir des jeunes se sacrifier inutilement et entraîner avec eux des innocents , on doit agir dés maintenant. Une stratégie s'impose pour contrer ce fléau intégriste sans pour autant créer la frustration que Ben Ali a engendré par ses méthodes répressives . L'Etat doit être muni des institutions nécessaires pour canaliser l’énergie des jeunes qui cherchent les extrémités, le sport est une alternative mais pas la seule . La responsabilité est celle aussi des parents qui doivent etre informé des intérêts et des dérives de leurs enfants .
Certes, un grand travail de sensibilisation est à faire, surtout sur le plan social et politique . Espérons au moins que nos politiciens ne feront pas en sorte d’aggraver la situation et de créer un milieu propice a la prolifération de ces noyaux de destruction.

L'avenir reste pleins incertitudes, seul notre conscience et notre implication collective pourrait nous éviter le pire .
Je termine mon article avec le seul espoir qu'un jour je reviendrai le relire pour dire que c’étaient des angoisses injustifiés et que mes craintes resteront toujours de la pure fiction.

dimanche 31 juillet 2011

Le Paradis de Maman



Hier soir j'ai appris à maman que je suis athée , elle est venue bavarder avec moi . Elle me disait que cette saison là, Ramadan sera un peu plus dure que les saisons précédentes. Septembre , il fait encore chaud: la longueur de la journée alliée à la chaleur infernale de Tunis .
Elle se demandait comment je vais faire et si je comptais prendre un congé . Pendant qu'elle me parlait je la regardais d'un air distrait . Je la dévisageais, et je savais pas quoi dire . Elle s'arrête un peu et me demande qu'est ce que j'ai .

Elle savait depuis des années maintenant que je me posais des questions sur la religion, elle a vu tous les livres d'atheoologies que je me suis procurée . Elle m'a ramené elle même un livre de Nietzsche qu'elle a trouvé parmi ces anciens manuscrits scolaires . Et elle m'a vu s'acharner dans des débats chevronnés sur l'illogisme qui règne sur le royaume religieux... elle a dû tout deviner ...

Je décidai de rompre le silence , elle a un de ces regards qui me désarmait , elle a toujours su avec un naturel sans égal me faire accoucher sans douleur toutes les idées qui rodaient autour mon esprit .
- Maman la vérité , je ne fais plus Ramadan , du moins, lorsque je serai là je vais respecter la tradition, apres tout j'aime le festin et l'ambiance Ramadanesque . Je ne vais déranger personne .
- Ah non , disait elle , les sourcils un peu enfoncé et le sourire inquiet, mais qu'est ce qui t'arrive ma chérie ??

Je me suis sentie légèrement gênée et je commençais à ramasser les fragments de mots pour mieux lui expliquer la situation .

- Je me sens plus alaise , je pense que j'ai perdue la foi ? C'est assez compliqué pour l'expliquer mais c'est comme ça ...
- Tu ne crois plus en Dieu !?
- Je ne suis plus musulmane , disons que je ne crois plus au portrait robot du dieu qui se révèle à partir du coran

Je m'apprêtait à lui fournir plus d'arguments quand elle m'a interrompu en disant :

- Bon , chacun est libre c'est très personnel cette histoire de croyance , moi personnellement je sens son existence .

Puis elle dit :

- Ta soeur viendra passer son congé à partir de la deuxieme semaine de Ramadon , tu penses pouvoir te libérer ??
- Je ne sais pas peut être , je vais essayer ..
- Allons donc , s'il te plait, fais un effort , nous allons être tous réunis , en plus tu seras toute seule à Tunis, personne ne va cuisiner pour toi , ni te tenir compagnie
- Je vais essayer de prendre mon congé d'été à Ramadan . Je pense pouvoir le faire.
- Non mais ils n'ont pas le droit de refuser , tu travailles depuis longtemps avec eux sans le moindre congé et puis c'est vraiment insupportable pour moi de voir ta place vide .
- Mais oui maman , t'inquiète pas je vais faire de mon mieux , promis.

Elle n'a lâché prise qu'après s'être assuré que toute ses filles seront à coté d'elles pour une semaine a Ramadan . Cette promesse de bonheur l'a fortement enchanté , elle doit avoir la tête occupé à imaginer les retrouvailles et à décompter les jours restants à cet évènement familial .

Maman m'est apparue plus soucieuse à l'idée que je ne sois pas présente avec eux à l'occasion du retour de ma sœur . Cet absence l'effrayait beaucoup plus que le faite que je sois athée .

Je voulais comprendre comment elle peut accepter que je sois absente pendant toute l'éternité de son paradis et elle ne tolérait en aucun cas mon absence durant une semaine du mois prochain ?
Comment peut elle avoir confiance en un Dieu qui la prive de la proximité de ces enfants durant toute l'éternité ? Comment peut elle sentir la présence d'un être qui n'aura aucune considération à son instinct maternel ni à ses amourettes et ses aspirations. C'est clair, elle est intuitivement athée , elle n'accordait d'importance qu'a ce qui allait venir prochainement...
Le paradis de l’éternel paresse ne l’intéressait pas, c'est ici qu'elle préfère se réjouir de la compagnie de ses enfants.
le paradis de la maternité c'est ici qu'il prend lieu ... la terre de l'au-delà n'est pas faite pour les mamans, ni même pour les femmes.

Merci maman d'avoir tout compris
Merci de m'avoir accepté tel-que je suis
Merci d'être une mère aimante et présente
Merci d’être la source de ma vie
Merci infiniment ....


Aout 2007

vendredi 29 juillet 2011

Machine Humaine



Remedios Varo, "La plante insoumise" 1961.


Je ne peux plus, je prends 30 minutes pour écrire ce billet et puis je reprends ce que j’ai à faire …

Il me semble que je suis entrain de passer par ses périodes sensibles ou la conscience, sans préavis et sans raison apparente, s’est décidé subitement à s’aventurer sur des terres défendus ... Suis-je entrain de passer par une crise existentielle ? non je ne le pense pas, j’ai toujours considéré l’existence comme une crise permanente et je ne m'en plains pas. Au contraire, malicieusement, je ressens une forme de plaisir d'être au cœur d’une tragédie sans fin...


Je suis une informaticienne , j’exerce un de ces métiers insignifiants inventé par notre société moderne, n‘ayant aucune utilité que nous trouver de quoi nous occuper et faire tourner la roue d'une croissance économique durable et tous ces détails de l'utilité de mon travail que je n’ai jamais réussi a saisir .

J’occupe un des postes rêvé par des milliers de jeunes paumés par la vie et qui voient dans ma carrière un idéal à suivre. Pourtant , la seule gratitude que j’accorde à mon travail c’est mon salaire que j’attends impatiemment chaque deux semaines .


Oui je travaille pour gagner de l’argent, et j'ai beau cherché autre motif mais je ne trouve aucun. Peut être lors d’une soirée mondaine je dirais que je me félicite de cette autonomie. Féministe tel que je suis , j’irais même dire que le travail est un droit fortement contesté et que je le fais personnellement pour s’affirmer en tant que femme indépendante qui participe activement a la construction du pays. Pire encore, si j'étais en présence de futurs employeurs j’aurais pu être meilleure comédienne , faire l'intéressante et exprimer une joie pitoyable a apprendre des langages de programmation et passer des heures entières devant mon petit écran a découvrir une nouvelle framework.


J’ai connu le chômage, j’ai frôlé le vide et la lassitude de ne rien faire et j’ai connu de prêt le sentiment de sentir futile et ne servant a rien . Aujourd’hui me voila au bureau et rien n’a changé. Peut être quelques sous qui me garantissent une forme de sécurité et un peu de respect aux yeux de mon entourage . Sinon le reste est toujours la , avec le temps ma lassitude est même devenue plus âpre , plus intense.

Maintenant je me sens semblable a la machine que je côtoie plus que 8 heures par jours . Comme elle , je suis sujette a des critères de performances et je risque de me faire remplacer si jamais je ne remplie pas les normes de l'évaluation . Ma machine est multitâche, et moi aussi . J’ai devant moi deux écrans pour remplir suffisamment mon champ visuel et m’occuper le mieux possible.

Toutes les deux on est rigoureuses mais on peut être interrompue a chaque seconde pour se plier aux ordres de nos chefs...et on fait qu’exécuter , docilement , sans objection.

Oui , je me retrouve beaucoup plus proche de cette machine qu'un individu que je peux croiser dans la rue , un lien organique est tissé entre nous . A mon image, ma machine est orné d'un bureau chaotique avec des conneries de tous genre. De ma machine ,j'ai hérité une mémoire volatile ...devant le petit écran j'ai fini par ne plus s’émerveiller , tous est devenu banal et laid ...


C'est drôle , j'ai l'impression d’être comme un médecin qui développe soudainement une aversion pour les instruments de son métier ...Ironie du sort!!


Non mais deja pourquoi je médite sur tout ça? Est-ce mon regard profane qui me pousse a écrire de telles atrocités sur mon sujet ou c’est un vil caprice d’un cadre nostalgique a la misère de sa jeunesse ?


J'envie mon collègue , oui je l'envie , il a l'air de faire son travail paisiblement en écoutant sa musique sans rien remettre en question ... pourquoi c'est si compliqué pour moi ?

Se poser des questions , quelle arnaque divine !!





Dieu créa l'infâme et l'infâme créa le bourreau




vendredi 8 juillet 2011

! ربي مات ، إنتم قتلتوه

ربي مات ، إنتم قتلتوه
مات و ما خلاّ وصيّه

إنتحر مسكين ... كيفو كيف البوعزيزي
النار شعلت في جواجيه
أيّس منكم ... خ
لقلكم و مل الوجيعه ما شفيتوه
حب شكون يونّسو في وحدتو
حب يلقى الضحكه الصافيه ويسمع حسّ أحبابو
حب على مرايه يشوف فيها روحو
حب على صاحب يعاونو على الصنيعه إلي بداها
حب على رسام يزيدو في الألوان و يطير به في الأحلام
حب على قيتاره يشوفها في يد كل فنان و يسمع منو أعذب الألحان


ياخي شاف ما يروعو المغبون
شاف ناس تقتّل في بعضها و تقول ربي حب هكا
شاف قروده تنهش في بعضها و تقول أحنا خلقنا ربي هكا
شاف واحد دجال يقول أنا هو المصطفى المختار ، وبعدي أنا يوفا الإبداع
كذاب ! شكون قلك ربي يحب يختار ؟ بالك حب يحكي مع كل واحد و يتعلم منو أسرار المنام
علاه تحرم فيه و تدفنولو في أماليه ؟

ربي يتيم ، لا عندو لا أم لا بو
موش عارف روحو لا أنثى لاذكر
لا فاهم روحو علاش بدا و وقتاش باش يفنا
ولد آدم يعرف روحو منين جا أما ربي محكوم عليه بالنسيان
تايه يلوّج على قلب يسكن فيه ، ما لقى كان الصحراء تناديه
زعمه خلقكم باش في المتاهه تزيدو تضيعوه ؟
زعمه خلقكم بش يحرّم عليكم الخزره في عينيه؟
فرحان بزوز عصافر يحبو بعضهم جيتو إنتم قلتو جنابه
أهدالكم القداسه، قلتو هذه هي النجاسه
أعطاكم أحلى ما عند
ه قلتو هذه عوره و النظره ليها حرام
فرشلّكم السهول و الوديان ، ما بين أربعه حيوط مسوّدين كفّنتوه
يلوج على فكر يِحميه يلقى القضبان تستنّا فيه

علاه هكا ، حرام إلي عملتوه!
نلوج على النسمه إلي تحاذيه
نلوج على النغمة إلي تفكرني بيه
شكون ينجم يعاونني نحييه ؟

vendredi 24 juin 2011

Ainsi parlait Jim Morrison

"Though the favorites of the gods die young, they also live eternally in the company of gods"
-Friedrich Nietzsche
"The Birth ofTragedy"



Voila quelques semaines que j'écoute en boucle les chansons du groupe "The doors", non seulement ensorcelée par leur musique mais aussi fascinée par la personnalité de leur chanteur vedette : Jim Morrison. On ne peut pas s'empêcher de l'admirer dans toute sa splendeur et sa complexité : le chanteur, le mystérieux, le philosophe, le poète, l'humaniste, le délinquant, le brillant, le charismatique et le mystique. Un artiste qui a exprimé à travers sa poésie une forme de rejet de toute forme d'autorité, explorant les frontières de la réalité et conjuguant la vie à la mort.


Être une rock star est peut être le synonyme d'une vie dépravée ou l'on frôle le gouffre du désespoir et la perdition. Jim ne fait pas l'exception, sauf que lui il était un peu plus que ça. C'était l'icône d'une génération rebelle secouée par la barbarie des années de guerre et de conquêtes sanglantes. Une jeunesse qui s'est crée ses propres vertus, et lui il était un des catalyseurs qui ont concrétisé ces idéaux naissants devant des marées humaines assoiffées de justice, égalité et liberté.

Si toute époque accouche d’un héros, Jim aura pleinement exprimé et concrétisé le désarroi de la génération d'après la deuxième guerre mondiale. A l’image de son philosophe préféré: Nietzshe, il est l’archétype même d’une jeunesse qui cherche à se surpasser, en révolte permanente contre l’autorité et l'abus du pouvoir. Une jeunesse qui, las d’une langue de bois et du mensonge politico-publicitaire, souhaite s’émanciper vis-à-vis d’une société plate jugé trop individualiste. Morrison a eu une carrière artistique époustouflante . Ce poète a fait le choix délibéré de se livrer a une expérience d'exhibition entière, de ce rendre voyant et de scintiller sur scène. Chez lui la poésie déborde du cadre de l’écrit, elle devient la vie entière, un moment de plénitude et de tendresse.

Jim est lugubre dans ces chansons et ses poèmes, mais cette tristesse révélait paradoxalement un élan de vie inébranlable. La vie,il voulait la vivre le plus intensément et tout de suite : Now.

Il est parti à la recherche d’une perception nouvelle, dont l’illumination est à la fois l’inspiration et la lumière. Elle est une invitation au voyage à travers les Etat-Unis, l’océan, le temps, l’espace, le monde, le corps, le rêve, l’inconscient, l’émotion. Chaman, poète halluciné, esprit libre, James Morrison est toujours au cœur des préoccupations de notre temps. Il change la nuit en jour, mêle le soleil avec la mer, et le hasard n’y est pour rien. Brûlé par l’air et la lumière de l’inconnu, il épouse la vie multiforme avec un vertige incontrôlable, ses contrastes déchirants.

Assez parlée ; je laisse Jim -qui n'est pas trop bavard d'ailleurs- s'exprimer lui même sur quelques sujets (interviews recueillies à différentes périodes de sa vie et par plusieurs journalistes et amis)

Observation du monde : « on souffre tous, plus ou moins, du syndrome du "voyeur ". Pas dans le sens strictement médical ou criminel, mais dans notre attitude physique ou émotionnelle face au monde qui nous entoure. Chaque fois qu’on essai de rompre ce maléfice de passivité, nos actions sont cruelles, comme un invalide qui a oublier comment on marche ».

Ces principes : « on peut dire que je suis destiné à faire ce que je fait, ce n’est pas un hasard. C’est la sensation d’être un arc en tension depuis 22 ans qui se relâche d’un seul coup. Les idées de rébellion contre l’autorité m’ont toujours attiré. Tout comme les idées à propos de l’insoumission ou du renversement de l’ordre établi. Je croîs que la rébellion extérieure est une façon de parvenir à la liberté interne ; le mental à travers le physique».

Expériences sensitives : « je croîs que les points maximum et minimum sont les plus importants.Tout le reste n’est que moyen terme. Je veux être libre de pouvoir goûter à tout ».

Drogues et alcool : « se saouler c’est comme si …bon, je suppose que c’est la différence entre le suicide et la capitulation lente ».

La mort : « Dans la vie, j'ai eu le choix entre l'amour, la drogue et la mort. J'ai choisi les deux premières et c'est la troisième qui m'a choisi ».

Communauté : « on est une société artistique et financière. On partage tout équitablement. Au début, c’était l’idée de nous maintenir unis, car on avait, et on a toujours, une vision très distincte de la réalité et aussi des intérêts très différents ».

Rock attitude : « il n’y a pas de règle dans un concert de rock. Tout est possible ».

Le public : « les jeunes représentent l’avenir. On peut les changer, les influencer, les modeler. Le public juvénile est comme une feuille vierge, préparée pour que l’on écrive dessus. Et moi, je suis l’encre ».

L’œuvre : « The Doors, provient de l’Ouest. Le monde qu’on suggère pourrait être une sorte de nouveau Far West sauvage, un monde sensuel et diabolique, étrange et inoubliable ».

Et voilà, Je me lasserai jamais de contempler cet homme... le regarder, cet homme qui entame les barreaux de sa cage. J'observe ce temple de mystères... sa chaire est en proie à un miroir ardent. Il voyage droit avec la liberté cousue sous ses paupières. Sa tête est un brasier d’étoiles. Sa chevelure féline... sa voix soulève la mer dans les yeux des femmes... Le feu brulant dans son regard croise le signe pathétique du sang et s'envole aux horizons de l'univers infini.

Jim est-il vraiment mort ?
La poésie est une longue blessure blanche et le ciel d'anéantie entre tes doigts fuselés. Tu étais la passion. Tu seras l’exil, l’éternité suspendue au soleil des astres morts. L’éternel, Jim...




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Serais-tu là ?


Et puis un jour tu es partie...

Voila deux ans déjà que tu t'es envolée
Parfois je discute avec toi
Parfois j'ai l'impression que tu es toujours là

J'ai du boire un peu trop ce soir pour te rencontrer
Pour pouvoir te parler
pour pouvoir s'adresser à toi comme si tu étais là


Je tape les bribes que ma mémoire a réussi à conserver
Je retrouve un flot de moments de bonheur
Un courant mélodieux de souvenirs me berce et me ramène vers toi

C'était quand la dernière fois qu'on s'est vu ?‌
Tu voulais me confier quelque chose d'important tu disais ?‌
Est-ce que ça peut attendre ?‌
Je voulais rein savoir ...
Maintenant je suis condamnée à patienter pour toute l'éternité ...
Je ne saurais jamais ton aveux que tu voulais tant partager avec moi

Tu sais, Je culpabilise à cause de ça ...
Je me dis que j'aurais du insister
J'aurais du t'appeler pour passer des heures au téléphone à raconter nos petits tracas
Je ne retiendrais peut être rien de nos histoires
Mais je garderais le doux souvenir de ta présence
J'aurais apprécié tes rires légers et l'effet de ton sourire

C'est drôle ce que cette existence est éphémère
Fortuite et imprévisible à la fois

Qu'est ce que tu es devenue ?‌
Que puis-je faire pour revoir la lueur de tes yeux ?‌
Qu'est ce que ça te fais de faire partie de ce grand silence qui raisonne de partout ?‌


Et si tu étais encore vivante
? ‌
Tu ferais surement partie de ces amis que j'ai abandonnée
Ceux que j'ai choisie pour qu'ils soient un élément décoratif sur la toile de mon passée

Pourquoi toi alors ?‌
Pourquoi j'essaye de te faire revivre
?‌
Pourquoi je suis tant médusée par ton départ ?
Serais-tu la réincarnation de cet être mystérieux qui m'a tant séduit ?‌

Laisse moi m'en aller ...
Je suis fatiguée

vendredi 8 octobre 2010

Du sens à l'absurde


L'absurdité de cette vie est une évidence auquel on essaye de remédier en faisant appel à une fresque de croyances illusoires. Une fois dépouillé de ces voiles qui camouflaient l'aspect dérisoire de la vie, l'être humain se trouve confronté à ce que l'existence pourrait lui révéler .

Afin de l'approcher ou plutôt pour pouvoir appréhender cette surprenante existence , un Homme ne doit jamais considérer l'absurde comme "insignifiance bloquante"... dans un certain sens l'absurdité devient un rédempteur . La vie est démunie de sens, l'unicité du but n'est qu'une illusion et un vecteur de dégradation et d'appauvrissement ...
Seuls la curiosité , la soif de connaissance et le désir d'expérimenter peuvent être des motifs valables pour emprunter le chemin de cette vie .
L'homme absurde est un être qui rejette l'idéalisme ingénue pour éprouver l'extase matérielle. C'est un homme qui se dépouille du suprême Néant pour vivre dans un monde ou les faits priment les idées.

Un suicide est envisageable que dans le sens de Dostoïevski : Suicide logique , quitter la conscience agitée pour rejoindre un monde qui débordent d'une indifférence apaisante menée par un rythme de vie actif et absorbant .
L'être humain qui donne à son existence un seul sens est une âme maudite et tourmentée. Peut importe le degré de notre civilisation nous resterons toujours des primates à la quête du pouvoir , nourriture , sexe et à la recherche du sens .
La quête du sens pour nous n'est pas une finalité mais une des conditions nécessaire pour la réalisation de notre humanité , prendre trop au sérieux cette aspiration risque de nous couper de notre élément naturel qui est cet univers énergétique dynamique et intelligent.
Je connais beaucoup de gens qui n'ont qu'un seul but dans la vie et ceux la , ils sont comme des cadavres vivantes , non seulement il portent lourdement le poids du fardeau mais aussi ils empestent leur environnement par la puanteur de leur existence ..
Enfin bref tout ca pour dire oui la vie est absurde, l'immortalité et l'infini sont intangibles et malgré ça cette vie mérite toujours d'être vécue .

lundi 19 juillet 2010

Écrire , à quoi ça sert ?


Cela fait quelques semaines que pensais à l’utilité de ce blog , je n'arrêtais pas à méditer sur l’acte d’écrire et d'exposer le jus de ma cervelle d’une façon anodine sur le net en attendant que des yeux anonymes viennent tremper leurs regards dedans .

Souvent, lorsqu’on me demandait pourquoi j’aime lire , je m'extasie et je réponds avec une passion qui brosse l’amour que j’éprouve pour les livres. Mais quand il s’agit d’écrire , là ça devient plus pénible .

J’ai pris l’habitude de formuler mes idées sous formes de tirets pour chaque vision brumeuse que je n’arrive pas à cerner facilement , alors voilà , l’exercice cette fois-ci est du sort de l’acte de blogger :

- Écrire me sert à libérer le courant interne de mon inconscience . J’ai comme l’impression de lâcher graduellement l’emprise que je me suis forgé sur mes opinions ancrées et mes vues le splus étroites .

- Écrire me permet de tracer la carte de mon propre intérieur , sans cette carte mes méditations peuvent rester comme une terre inconnue .Ma vision intérieure se double de la force nécessaire à une reformulation plus importante .

- Écrire est un véritable défi que je me lance : je suis le seul témoin oculaire de la naissance de réflexions cohérentes et originales qui prennent lieu aux abysses de la labyrinthe que ma tête abrite . Du coup , écrire devient l’issu à ma perdition .

- Aussi bizarrement que cela puisse paraître,des fois j’entends des voix qui bourdonnent au fond de la boite osseuse qui sert comme support à mon visage . Écrire , ça m’apaise et m’aide à retrouver une sérénité transitoire .. une sorte de silence intérieur ou l’on se sent vivant , plein de vitalité et apte à se donner à tout type d’activité. Comme si fermer les persiennes de la pensée pour quelques heures permet au corps de se réjouir de l’existence en toute simplicité .

- La page blanche se transforme par des moments en Muse qui m’inspire des structures métaphoriques et des images surréalistes que j’aurais jamais imaginé les voir faire surface dans ma cervelle .

- Je suis une personne qui aime se regarder dans un miroir , hélas celui de ma salle de bain ne me reflète qu’un corps muet. Lorsque j’écris je réussis à photographier exclusivement une posture de ma pensée . Je me relis après des mois , parfois des années et là, y a toute une foule de réactions qui me transpercent : je rigole de l’enfantillage littéraire qui m’animait, je me sens fière d’avoir été assez lucide pour déceler un tel concept, je sent pouvoir forger mes réflexion sur quelques sujets , des fois je fait l’amer constat que j’ai subit une régression en ma vision et ainsi de suite ...

- This is my investigation , it's not a public inquiry : Ceci est pour l’acte de blogger . Je ne cherche pas à promouvoir une idée , à rendre cet espace une plaidoirie pour une cause nationale à intérêt général , religieuse ou autre . Je cherche à exhiber ma pensée , à entendre son écho , partager des idées prosaïques et mémoriser mes centres d'intérêt.